Assurances auto : Vol, bris de glaces : Etes-vous bien assuré ?

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Vol, bris de glaces : êtes-vous bien assuré ?

Intérêts privés : êtes vous bien assurés ?

Partir en voyage en voiture peut réserver de mauvaises surprises : loin de son garage, on court davantage le risque de subir un vol ou un simple bris de glace. C'est le moment de s'interroger sur votre assurance !

Savez-vous que vous n'êtes peut-être pas protégé contre le vol de votre voiture et le bris de glaces ou insuffisamment ? En effet, ces deux garanties sont facultatives et ne figurent donc pas dans tous les contrats d'assurance auto. Et contrairement à ce que croient certains automobilistes, un contrat d'assurance « tous risques » peut ne pas couvrir ces deux aléas ! « A priori, ces deux garanties sont incluses dans ce type de contrat, mais ce n'est pas une obligation légale », explique Philippe Lequeux-Sauvage, assureur à Paris et correspondant de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA). « Il faut donc vérifier son contrat », conseille-t-il. Pour les contrats dits de responsabilité civile (« assurance au tiers »), seuls les dommages causés aux autres sont couverts, ce qui exclut les garanties vol et bris de glaces.
Par ailleurs, même lorsque ces garanties figurent d'office dans le contrat ou bien ont été volontairement souscrites, la prise en charge du préjudice varie d'un assureur à l'autre. En matière d'assurance automobile, en effet, les contrats offrent l'avantage de pouvoir être plus ou moins personnalisés, moyennant la souscription d'options payantes, pour se concocter une assurance « sur-mesure ». Mais ces formules présentent aussi l'inconvénient de contenir des clauses plus ou moins restrictives qui limitent ou excluent la prise en charge de l'assureur si certaines conditions ne sont pas remplies (antivol homologué, garage fermé, etc.). D'où, parfois, des désillusions après un sinistre. Il est peut-être temps de (re)lire les clauses de votre contrat ou de faire le point avec votre assureur.

Bris de glaces : tout n'est pas couvert
À moins d'avoir souscrit un contrat d'assurance « tous risques », auquel cas le bris de glaces est très généralement couvert, il faut piocher dans les options facultatives proposées pour se protéger.
Mais, qu'elle soit incluse d'office ou simplement optionnelle, l'étendue de la couverture diffère selon les contrats. En effet, toutes les parties vitrées de votre voiture ne sont pas nécessairement couvertes par la garantie. Seuls le pare-brise, les vitres latérales et la lunette arrière sont généralement assurés. Pour le pare-brise, la garantie prend en charge son remplacement mais aussi, dans certains cas, sa réparation - rebouchage d'un impact de faible taille avec de la résine - par un professionnel agréé.
D'autres pièces peuvent être couvertes (rétroviseurs extérieurs, optiques, clignotants, etc.) moyennant la souscription d'une option. « D'une manière générale, toutes les pièces qui ne sont pas mentionnées dans le contrat ne sont pas prises en charge », résume Philippe Lequeux-Sauvage.
Il faut savoir, par exemple, que chez certains assureurs, le toit vitré - très en vogue sur les modèles récents - n'entre pas dans leur garantie bris de glace car ils le considèrent comme étant un élément de carrosserie. D'autres excluent les phares arrière ou les phares avant qui ne sont pas installés de série.

Vol du véhicule : gare aux exclusions !
La garantie contre le vol, qui couvre également la tentative (serrures forcées, antivol de direction brisé, etc.) est facultative mais recommandée, même pour un véhicule ancien peu coté.
Pour sa mise en jeu, les assureurs peuvent exiger certaines mesures préventives comme, par exemple, l'installation d'une alarme, d'un antivol électronique ou d'un coupe-circuit anti-démarrage, le gravage de l'immatriculation sur les vitres ou bien encore le stationnement régulier du véhicule dans un garage fermé à clef.
Le non-respect de ces restrictions, qui doivent figurer expressément dans le contrat pour être opposables à l'assuré, autorise l'assureur à refuser toute indemnisation ou à en réduire le montant.
Les clauses restrictives portent également sur les circonstances du vol. Mieux vaut ne pas faire preuve de négligence ou de naïveté, prévient Philippe Lequeux-Sauvage : « laisser les clefs de contact sur le tableau de bord, par exemple, vous expose à un refus d'indemnisation ou, dans le meilleur des cas, à une prise en charge assortie d'une franchise élevée ».
L'exigence - incontournable dans la quasi-totalité des contrats - de traces d'effractions sur les serrures de portières peut poser un problème sur les voitures récentes, bardées d'électronique, lorsque le système de verrouillage peut être piraté. En pareil cas, il faudra une expertise pour démontrer qu'il y a eu effraction informatique.

Vol d'accessoires et dans l'habitacle : il faut s'assurer
Les vols ne portent pas uniquement sur le véhicule. Les accessoires (comme l'autoradio ou le GPS acheté séparément) et les objets laissés dans l'habitacle sont aussi prisés par les voleurs. La garantie vol ne les couvre pas systématiquement. « Généralement, il faut souscrire une garantie spécifique », avertit notre assureur.
Seules les pièces qui font partie intégrante du véhicule, livrées en série et qui sont répertoriées dans le catalogue du constructeur (sièges, volant, etc.) sont couvertes par la garantie.
Pour les accessoires, en revanche, la couverture des « vols à la roulotte » dépend des clauses du contrat. Dans la plupart des cas, la garantie plafonne la prise en charge à un montant fixé au contrat et prévoit certaines exclusions. Par exemple, l'absence d'effraction - ni serrure forcée ni vitre brisée - constitue systématiquement un motif de refus de prise en charge. La fourniture des factures d'achat des objets déclarés volés est parfois exigée mais, même en pareil cas, le montant total du remboursement reste plafonné. Il est peu probable que le smartphone ou l'ordinateur portable volé dans la voiture soit intégralement remboursé.

Franchise : attention aux assurances bon marché !
La quasi-totalité des assureurs assortissent leurs contrats auto d'une franchise en vertu de laquelle l'assureur ne prend en charge les réparations qu'au-delà d'un certain montant. Ce qui amène les assurés à supporter une partie des frais de réparation alors même que leur responsabilité n'est pas forcément engagée. « Les contrats qui comportent une garantie vol et une garantie bris de glaces prévoient généralement deux franchises distinctes et d'un montant différent », précise Philippe Lequeux-Sauvage, le montant de la franchise de la garantie vol étant en toute logique plus élevé du fait des montants en jeu bien plus importants.
Ce qui amène certains assurés victimes d'une vitre brisée lors d'un vol à la roulotte, à déclarer à leur assureur un bris de glace plutôt qu'une tentative de vol pour supporter une franchise moins élevée...
« Chez la plupart des assureurs, il est possible de négocier une modulation des montants respectifs de la prime et de la franchise en optant, soit pour des mensualités faibles contre une franchise importante, soit pour l'inverse. » À chacun alors de placer le curseur au mieux de ses intérêts en ne perdant pas de vue qu'une franchise trop élevée équivaut à prendre soi-même en charge les frais de réparations (notamment pour le bris de glace). « Il faut se comporter en consommateur intelligent et se méfier des tarifs trop faibles car, alors, la protection est faible, elle-aussi », conclut Philippe Lequeux-Sauvage.

Remarque : Sinistres et tarification Bonus-malus : coefficient inchangé
La survenue d'un bris de glace ou d'un vol de voiture ou d'accessoires ne donne jamais lieu à l'attribution d'un malus puisque aucune faute ne peut être reprochée à l'assuré.
Le seul risque encouru est de déclarer un trop grand nombre de sinistres sur une période rapprochée car, en pareil cas, l'assureur pourra augmenter sensiblement le montant de la prime et/ou majorer la franchise prévue au contrat, voire rompre unilatéralement le contrat à l'échéance annuelle.

Vol en villégiature À l'hôtel, au camping : quels recours ?
En matière de vol à l'hôtel ou au camping, les touristes victimes d'un vol ont peu de marge de manoeuvre pour engager la responsabilité du propriétaire.
• Hôtel. Le vol du véhicule ou des objets laissés dans l'habitacle n'engage la responsabilité de l'hôtelier que si ce vol a eu lieu sur le parking privé, clos ou non, de l'établissement. Mais l'indemnité due est plafonnée à 50 fois le prix de la chambre (c. civ. art 1954 al 2).
• Camping. L'exploitant n'est responsable que s'il s'est engagé, dans le règlement intérieur du camping, à assurer le gardiennage du site (c. civ. art. 1725).
L'indemnisation est directement conditionnée par la police d'assurance souscrite.


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