Emploi seniors : la metallurgie montre l'exemple

Emploi Senior

Après avoir longtemps misé sur les préretraites, l'UIMM et les syndicats ont signé un vaste accord de branche pour relever le taux d'emploi des seniors. Le gouvernement en fait un symbole de l'évolution des mentalités.

« Un texte exemplaire », «  un modèle à suivre » : le gouvernement ne tarit pas d'éloges sur l'accord concernant l'emploi des seniors conclu le 4 décembre par le patronat de la métallurgie (UIMM) et tous les syndicats, sauf la CGT. Outre sa portée symbolique dans un secteur où les départs à 55 ans ou avant ont longtemps été la norme, l'accord est jugé remarquable par sa volonté de jouer sur un maximum de leviers. Il fixe comme objectif de porter, en trois ans, de 11 % à « au moins 12 % » la proportion de salariés de plus de 55 ans et de 3 % à au moins 5 % celle des plus de 58 ans. Soulignant la nécessaire « évolution de la représentation socioculturelle des salariés âgés », l'accord insiste sur la nécessité de généraliser, à partir de 45 ans et tous les cinq ans, des entretiens de seconde partie de carrière. Il invite les employeurs à s'appuyer sur les nombreux outils d'aménagement de fin de carrière déjà en place. Les entreprises sont incitées, en cas de passage à temps partiel en fin de carrière, à maintenir les cotisations de retraite sur la base d'un salaire à taux plein.

Prévention de la pénibilité

Le maintien dans l'emploi s'appuiera également sur l'élaboration d'une politique de branche de prévention de la pénibilité. Une approche « qui va beaucoup plus loin qu'aucun autre accord de branche ne l'avait fait jusqu'ici » (CFDT) et entrouvre la porte à une réflexion future sur les dispositifs de cessation d'activité liés à la pénibilité, déjà esquissée dans cet accord, qui encourage notamment le recours au compte épargne temps (CET) pour des cessations d'activité progressive.

Pour favoriser le recrutement et l'évolution professionnelle des plus de 45 ans, la métallurgie ambitionne de tripler le recours aux contrats de professionnalisation, aujourd'hui très limité (110 contrats en cours), et de porter de 31 % à 35 % la proportion d'accès à des formations et de 5 % à 7 % celle à des dispositifs de certification professionnelle. Les partenaires sociaux misent aussi sur l'essor, en partenariat avec Pôle emploi et le Fonds de sécurisation des parcours professionnels, des dispositifs de préparation opérationnelle à l'emploi (POE), qui doivent permettre à des chômeurs de bénéficier d'une formation préalable à la prise de poste dans des métiers en tension du secteur. La branche va enfin expérimenter une « période de mobilité » permettant aux volontaires de « découvrir un emploi dans une autre entreprise », avec possibilité de revenir dans son emploi antérieur.

(Sources : Les Echos)